Recueil de poèmes

Đinh Nho Hoàn

Hoàng giáp du concours de 1700, gouverneur (đốc trấn) de Cao Bằng, vice-ambassadeur auprès de la Chine des Qing en 1715 — mort en route, à mi-chemin de Pékin. Ses poèmes de voyage, réunis par son gendre sous le titre « Mặc Ông sứ tập », comptent parmi les belles pages de la poésie d'ambassade vietnamienne.

Trois poèmes du « Mặc Ông sứ tập » (113 poèmes en chinois classique ; traduction vietnamienne « Mặc Trai sứ tập », NXB Văn học, 2009). Les versions vietnamiennes reproduites d'après Thi Viện sont dues notamment à Đinh Nho Hồng, descendant de la lignée ; les traductions françaises et anglaises du site sont indicatives.
I

Inspiration en franchissant le fleuve Nhị渡珥河繾題 · Độ Nhị hà khiển đề

Départ de l’ambassade vers la Chine des Qing, 1715 — traduction indicative du site
La barque glisse au printemps neuf, pressant le froid tardif ; au pavillon du fleuve, le banquet d'adieu s'achève — on passe la rive. Un parfum venu du ciel pénètre les eaux aux mille replis ; tel un ruban de soie verte, le fleuve étale dix lieues de vagues. Rame de cannelier, aviron d'orchidée éprouvent les premiers périls ; loyal sujet et fils pieux, on écarte mieux les épreuves. Au jour de la mission accomplie, sous le mât pavoisé, je reviendrai voir ce quai — et le regarderai en souriant.
Bản dịch (VN) : Xuân Lộc — Thi Viện
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II

Au pavillon de la Grue jaune, en passant Vũ Xương過武昌城題黃鶴樓 · Quá Vũ Xương thành đề Hoàng Hạc lâu

Sur le Yangzi, 1715–1716 — traduction indicative du site
Par regret de la grue, la tour solitaire s'élance sur le mont de la Grue ; sur sa voûte, d'autres voûtes encore s'étagent vers le ciel. Au ras de la balustrade, la lune ondoie sur les vagues du Xương Giang ; au rideau qui frémit, le vent porte les rougeoiements des arbres de Hán Dương. Dans la douve, le millet doré mûrit à demi ; au jardin, les jujubes rougissent dans la lumière d'or. La montagne du Phénix est là, toute proche — si l'on pouvait la chevaucher, il faudrait, flûte aux lèvres, apprendre de ce vieil immortel.
Bản dịch (VN) : Đinh Nho Hồng, descendant de la lignée — Thi Viện
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III

En passant Ô Man — pensées pour le paysQuá Ô Man tư quốc cảm tác

Gorges du Sud chinois, 1715 — traduction indicative du site
Sur la grève, nul pêcheur ; au pied des monts, nul bûcheron ; devant la passe des Cinq-Périls, la force manque à demi — il faut pourtant entrer. Aujourd'hui, franchissant le rapide, je songe longuement au temple ancien ; quand donc, reconduisant l'hôte, rirons-nous au pont du torrent ? À mille lieues, la lune du pays natal veille encore sur la route déserte ; aux trois veilles, une flûte s'attarde sur l'auberge du voyageur. Un cœur tout entier loyal et pieux me rend des forces : tôt ou tard, au portail du roi, sonnera la musique du retour.
Bản dịch (VN) : Đinh Nho Hồng, descendant de la lignée — Thi Viện

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