丁
Livret de famille · Họ Đinh Nho · Hương Sơn (Hà Tĩnh)

Le clan
Đinh Nho Cinq siècles de mémoire — un livret pour les jeunes

繼 世 登 科 Kế thế đăng khoa : « de génération en génération, des reçus aux concours ». Selon l'ancien registre du clan, c'est un géomancien qui prononça cette formule, il y a près de quatre cents ans ; le clan l'a gardée comme un vœu.
Hương Sơn · Hà Tĩnh · Việt Nam — vers 1543 → aujourd'hui
Un mot pour toi

Avant de commencer


Tu portes un nom que d'autres ont porté avant toi pendant près de cinq cents ans. Une vingtaine de générations se sont succédé : des paysans et des lettrés, des soldats et des ambassadeurs, des poètes, des mères de famille, des enfants qui, comme toi, apprenaient à lire et se demandaient d'où ils venaient.

Ce livret raconte qui étaient ces ancêtres, ce que veut dire ton nom, ce en quoi ils croyaient et ce qu'ils ont voulu transmettre. Tout ce qu'il raconte vient de documents : le registre du clan, des stèles, des poèmes, des livres d'histoire. Quand ces documents ne disent pas tous la même chose, le livret te le signale par ce signe : ⚠︎.

Lis sans te presser. Tu verras que tu n'es pas seul : tout un clan marche derrière toi.

Quelques chiffres
~500
ans d'histoire
~20
générations
4
branches
4
ancêtres honorés comme génies protecteurs
Chapitre I

I · Les originesD'où venons-nous ?


Entrée d'un temple vietnamien à toit courbe, deux drapeaux de part et d'autre, montagnes en arrière-plan.
Le temple du roi Đinh Tiên Hoàng à Hoa Lư, dans les montagnes de Ninh Bình.Source : Jean-Pierre Dalbéra, CC BY 2.0 — Wikimedia Commons

Aux sources du nom Đinh

Selon le registre du clan, notre famille vient du clan Đinh de Gia Viễn, dans la province de Ninh Bình, la région des premiers rois du Viêt Nam indépendant. La tradition rattache nos ancêtres lointains au général Đinh Điền (924–979), l'un des compagnons de l'empereur Đinh Bộ Lĩnh, aussi appelé Đinh Tiên Hoàng ; d'autres récits les rattachent directement à la famille de l'empereur ⚠︎.

Đinh Bộ Lĩnh a réunifié le pays en 968 et fondé le royaume du Đại Cồ Việt, le premier État vietnamien indépendant après la longue domination chinoise. Attention : porter le nom Đinh ne fait de personne un descendant des rois. Beaucoup de familles Đinh ne sont pas parentes entre elles.

La fuite et le nouveau départ

Au début du XVIᵉ siècle, le pays est déchiré : la famille Mạc a pris le pouvoir aux rois Lê. Selon une version rapportée par le registre, notre ancêtre se range du côté des Lê, avec le mandarin Lê Tuấn Mậu ; quand celui-ci est exécuté, il doit fuir.

La famille part vers le sud, au pays de Hoan Châu (aujourd'hui le Nghệ An et le Hà Tĩnh). Les documents ne disent pas tous combien de frères firent le voyage, ni où chacun s'installa ⚠︎. Đinh Phúc Diên s'établit vers 1543–1546, peut-être dès 1530 ⚠︎, à An Ấp, dans le district de Hương Sơn (Hà Tĩnh). Le hameau fait aujourd'hui partie de la commune de Sơn Tiến (on disait autrefois Sơn Hòa). C'est là que naît notre clan.

1ʳᵉgénération

Đinh Phúc Diên

L'ancêtre fondateur

Officier, il reçut le titre de Tả Hiệu Điểm Công Tây Hầu. Le registre le décrit « assidu au travail, vivant dans la sobriété, plaçant au premier rang le devoir envers la patrie et l'amour du peuple ». Il défricha des terres et s'allia à Phạm Phúc Kính, l'ancêtre du clan Phạm voisin, pour soutenir les Lê. Il vécut 93 ans, selon le compte vietnamien des âges (on a un an à la naissance).

Chaque année, le 9ᵉ jour du premier mois lunaire, la famille se rassemble pour honorer sa mémoire : c'est le jour le plus important de l'année pour le clan.

D'où viennent ces informations ? Le registre du clan (édition de 2020, partie A), l'ancienne généalogie Hương Yên phổ tự et le livre de Đinh Tú Anh (2023). Les dates d'arrivée, le nombre de frères et la raison du titre varient selon les documents : voir la page Histoire et son registre des divergences (D-H01, D-H04, D-H05, D-H06).

Chapitre II

II · L'identitéQue signifie notre nom ?


Photographie ancienne : un lettré accroupi trace des caractères au pinceau sur une bande de papier ; un enfant le regarde.
Un ông đồ trace au pinceau les sentences du Tết, vers 1920 ; un enfant le regarde.Source : Auteur inconnu, domaine public — Wikimedia Commons
丁

Đinh — le nom de famille

C'est le nom de clan, qui se transmet de père en fils. Đinh est l'un des plus anciens noms du Viêt Nam : c'est celui de la première dynastie indépendante. Beaucoup de familles Đinh le portent sans être parentes.

儒

Nho — le lettré

Le caractère 儒 (Nho) signifie « lettré », celui qui étudie les livres de l'école de Confucius. Placé entre le nom de famille et le prénom (c'est le tên đệm, le nom du milieu), il se retrouve de génération en génération : Đinh Nho Công, Đinh Nho Hoàn, Đinh Nho Điển… On ne sait pas exactement quand il est apparu ; on peut supposer qu'il date de la génération de Đinh Nho Công, au XVIIᵉ siècle.

Mets les deux ensemble : Đinh Nho désigne une famille qui a choisi la voie de l'étude. Quand on te demande ton nom, tu dis aussi d'où tu viens.

D'où viennent ces informations ? Le registre du clan et la page Histoire (chapitre II).

Chapitre III

III · La boussoleLe confucianisme, simplement


Peinture ancienne sur soie : un maître assis sur une estrade, entouré de disciples agenouillés, sous un arbre.
Confucius enseignant à ses disciples, peinture de l'époque Song.Source : Peintre anonyme, dynastie Song, domaine public — Wikimedia Commons

Il y a environ 2 500 ans, en Chine, un maître nommé Khổng Tử (Confucius) se posa une question simple : comment vivre ensemble, en paix et avec justice ? Sa réponse n'est pas une religion avec des dieux à prier : c'est une manière de bien se conduire, en famille, à l'école et dans la société. Cette pensée a guidé le Viêt Nam pendant des siècles, et nos ancêtres avec lui. Deux valeurs y tiennent une grande place :

孝

Hiếu, la piété filiale

Aimer, respecter et aider ses parents et ses aînés, honorer ceux qui nous ont précédés.

忠

Trung, la loyauté

Être fidèle à sa parole, à ses amis, à sa communauté et à son pays.

Confucius parlait aussi de cinq qualités à cultiver toute sa vie (les ngũ thường) :

仁
Nhân
la bienveillance
義
Nghĩa
la droiture
禮
Lễ
le respect
智
Trí
la sagesse
信
Tín
la fidélité à sa parole

Pourquoi l'étude comptait tant

Dans le Viêt Nam d'autrefois, on pouvait servir l'État en réussissant les concours. Ces examens très difficiles étaient en principe ouverts à tous. Il y avait trois grands niveaux :

  • Thi Hương, le concours régional, qui donnait les titres de tú tài ou de cử nhân (on disait hương cống avant les Nguyễn) ;
  • Thi Hội, le concours de la capitale ;
  • Thi Đình, le concours du palais, devant le roi, qui donnait le titre de tiến sĩ (docteur).

Les noms des docteurs étaient gravés sur les stèles du Temple de la Littérature (Văn Miếu) à Hanoï, où l'on peut encore les lire. Deux de ces stèles portent des noms de notre clan : tu les retrouveras au chapitre VIII.

« Quand tu t'avances, sois un homme de devoir ; quand tu te retires, sois un honnête paysan. » 進為義士 · 退為良農 (tiến vi nghĩa sĩ, thoái vi lương nông) — Précepte gravé par Đinh Nho Hoàn en 1715.

Autrement dit : quand tu as une responsabilité, mets ce que tu sais au service de ce qui est juste ; quand tu n'en as pas, reste un travailleur honnête. Dans les deux cas, on peut compter sur toi.

D'où viennent ces informations ? Pour le précepte : l'ancienne généalogie (Hương Yên phổ tự, témoin de Đinh Nho Dật, p. 37). Pour le confucianisme : la page La doctrine confucéenne du site.

Chapitre IV

IV · Les modèlesNos figures


Photographie de 1897 : une vaste esplanade close de palissades, couverte d'une foule et de petites tentes.
Le champ du concours régional de Hà Nam en 1897, où chaque candidat composait sous sa tente.Source : Domaine public — Gallica, Bibliothèque nationale de France — Wikimedia Commons

Voici quelques ancêtres dont le clan raconte encore l'histoire. Ils n'étaient pas parfaits ; on les retient pour ce qu'ils ont fait.

7ᵉgén.

Đinh Nho Công

Le premier docteur · 1637–1695

Pendant six ou sept générations ⚠︎, la famille n'eut qu'un fils pour héritier à chaque génération. Chaque génération fut reçue aux examens régionaux, mais aucune n'atteignit le doctorat. Đinh Nho Công dut quitter l'école pour travailler aux champs pendant dix ans, puis reprit l'étude. En 1670, à 34 ans, il devint le premier docteur (tiến sĩ) du clan.

Il fut censeur, un magistrat chargé de contrôler les fonctionnaires. Envoyé inspecter les prisons, il trouva un homme emprisonné à tort et le fit libérer ; tu retrouveras cet homme avec Phan Thị Viên. Il eut douze enfants, dont six fils. Après sa mort, il fut honoré sous le nom d'Anh Nghị Đại Vương, « le grand dignitaire talentueux et résolu ».

8ᵉgén.

Đinh Nho Hoàn

Le diplomate et poète · 1671 – vers 1716

Fils du précédent, il perdit sa mère à trois ans. Il fut reçu Hoàng giáp, docteur du deuxième rang, en 1700, à 30 ans. Nommé gouverneur de Cao Bằng, à la frontière du nord, il fit dégager la rivière pour les bateaux, abréger les contrôles et baisser les taxes. Les marchands chinois lui élevèrent une stèle de remerciement, la Đức chính bi, « stèle de la bonne administration ».

En 1715, le roi l'envoya en ambassade en Chine. Il tomba malade et mourut pendant le voyage, au début de 1716 selon la plupart des documents ⚠︎. Les historiens ne sont pas d'accord sur le lieu : avant d'arriver à Pékin, après la mission, ou sur le chemin du retour ⚠︎. Sur la route, il écrivit plus d'une centaine de poèmes, que son gendre réunit dans le Mặc Ông sứ tập (les livres en comptent entre 103 et 155 ⚠︎).

Il avait aussi fait tailler une pierre sonore, un khánh, qu'il nomma Mặc Trai, son nom de lettré. Il y fit graver ces mots : « Le son du gong est limpide et rythmé, léger et clair, haut et résonnant, comme s'il avait l'élévation de l'homme. Aussi, aimant ce son, l'ai-je fait faire… pour affermir ma résolution. » Cette pierre est toujours au temple de Gôi Vị.

8ᵉgén.

Phan Thị Viên

« Bà Tiết phụ »

Elle était la fille de l'homme que Đinh Nho Công avait fait sortir de prison. Selon le récit du clan, sa mère reconnut un jour Đinh Nho Hoàn et lui rappela ce que sa famille devait à son père ; Phan Thị Viên devint ensuite sa seconde épouse. Elle avait seize ans ⚠︎. Lettrée, elle écrivit dix poèmes d'adieu quand son époux partit en ambassade ; trois ont été conservés.

Quand le corps de son mari fut ramené au pays, elle se donna la mort pour le suivre. Un ancien recueil officiel dit qu'elle avait dix-neuf ans ⚠︎. À cette époque, la cour honorait les veuves restées fidèles à leur mari, parfois jusque dans la mort : le roi lui décerna le titre de « Tiết phụ » (épouse fidèle) et fit bâtir pour elle le temple de Gôi Vị. L'écrivaine Đoàn Thị Điểm s'inspira de son histoire dans un récit, « La femme valeureuse d'An Ấp ».

Aujourd'hui, nous ne voyons pas dans son geste un exemple à suivre. Nous gardons le souvenir de son talent, de sa fidélité et de sa jeunesse, et nous savons que chaque vie compte. Si cette histoire, ou une autre, te rend triste ou te pèse, parles-en à un adulte de confiance.

8ᵉgén.

Đinh Nho Côn

Le lettré devenu chef militaire

Demi-frère de Đinh Nho Hoàn et benjamin des six fils, il fut, selon le livre de 2023, premier au concours régional (Giải nguyên). Il fut ensuite magistrat de district, puis chef militaire, avec le titre de marquis de Hương Nghĩa. L'ancienne généalogie retient de lui un acte précis : en relisant le registre des hommes de son canton, il fit réduire de plus de trente le nombre des jeunes gens envoyés à l'armée. Ses descendants s'établirent à Thanh Liên (Thanh Chương, Nghệ An) et y fondèrent une branche du clan.

11ᵉgén.

Đinh Nhật Thận

Le poète · 1815–1866 ⚠︎

Arrière-petit-fils de Đinh Nho Côn, il devint docteur en 1838. Ami du poète Cao Bá Quát, il fut soupçonné d'avoir soutenu sa révolte de 1854 et retenu à Huế ; c'est là qu'il écrivit le Thu dạ lữ hoài ngâm (« Plainte d'un voyageur par une nuit d'automne »). Selon le registre du clan, le professeur Đặng Thai Mai comptait ce poème parmi les quatre plus belles complaintes de la littérature classique vietnamienne, avec le Chinh phụ ngâm, le Cung oán ngâm khúc et le Truyện Kiều.

14ᵉgén.

Đinh Nho Điển

Le mandarin qui refusa · 1846–1884 ⚠︎

Docteur en 1875, il servit comme haut fonctionnaire à Huế. Après les traités de 1883–1884, qui plaçaient le pays sous protectorat français, il refusa de servir. Il mourut peu après : certains documents disent qu'il cessa de s'alimenter, d'autres qu'il tomba malade. En 1899, le roi Thành Thái honora sa mémoire ; son temple a été classé vestige historique provincial en 2023.

Les quatre génies protecteurs (Phúc thần)

Dans une même famille, quatre personnes ont été élevées par les rois au rang de phúc thần, génies protecteurs honorés au temple :

  • Đinh Nho Công — le père
  • Đinh Nho Hoàn — son fils
  • Phan Thị Viên — sa belle-fille
  • Đinh Nho Côn — son autre fils
« En haut, ils protègent la patrie ; en bas, ils abritent le peuple. Une seule maison, quatre divinités tutélaires : quelle gloire ! » — Éloge composé par Đinh Nho Tĩnh (13ᵉ génération).

On les honore toujours au temple de Gôi Vị, à Hương Sơn. C'est une manière de dire merci et de garder vivante la mémoire de ceux qui ont servi leur famille et leur pays.

D'où viennent ces informations ? L'ancienne généalogie (Hương Yên phổ tự), le registre du clan (édition de 2020), le livre de Đinh Tú Anh (2023), qui reproduit un ancien recueil officiel (le Bách thần sự tích), et les actes du colloque de 2015 sur Đinh Nho Hoàn. Les dates, les âges et les lieux marqués ⚠︎ sont détaillés dans les pages Histoire et Les quatre divinités tutélaires (registres D-H et D-T).

Chapitre V

V · La structureL'arbre et ses branches


Livre manuscrit ouvert, deux pages couvertes de colonnes de caractères chinois tracés au pinceau.
Deux pages d'un registre de famille écrit en caractères chinois, 1922.Source : Auteur inconnu, domaine public — Wikimedia Commons

Pendant les premières générations, six ou sept selon les documents ⚠︎, le clan fut « độc đinh » : un seul fils transmettait le nom. Voici les premiers maillons :

1

Đinh Phúc Diên

L'ancêtre fondateur, venu de Gia Viễn (Ninh Bình) ; il vécut 93 ans.

2

Đinh Phúc Trường

Il étudia auprès d'un maître Trần, du pays de Thanh Hóa, et réussit les examens régionaux.

3

Đinh Phúc Bảo

Il échoua à une épreuve et devint médecin.

4

Đinh Chính Tính

5

Đinh Phúc Khánh

6

Đinh Hữu Luân

1602–1676

On raconte qu'il aida un marchand chinois en difficulté, qui lui amena ensuite un maître géomancien.

7

Đinh Nho Công

1637–1695

Le premier docteur ; il eut six fils, et la famille se ramifia.

8

La 8ᵉ génération

Quatre des fils de Đinh Nho Công fondent les quatre branches du clan.

Les quatre branches

Branche aînée (« A »)

Đinh Nho Trạch

Fils aîné, reçu au concours régional à dix-huit ans ; on le surnommait « l'Immortel ». Sa descendance est restée à Hương Sơn.

Branche cadette (« B »)

Đinh Nho Thận

Sa descendance est restée à Hương Sơn. Un rameau parti d'An Ấp vers Xa Lang a donné l'historien Đinh Xuân Lâm, sans qu'on sache de quelle branche il descend.

Branche de Cương Gián (Nghi Xuân, Hà Tĩnh)

Selon le livre de 2023, elle descend de Đinh Nho Thường ; un autre texte y voit la branche d'un frère du fondateur ⚠︎.

Branche de Thanh Liên (Thanh Chương, Nghệ An)

Fondée par Đinh Nho Côn ; c'est la branche du poète Đinh Nhật Thận.

Aujourd'hui, des descendants vivent dans tout le Viêt Nam et à l'étranger. Pour savoir de quelle branche tu viens, demande à tes parents ou à tes grands-parents.

D'où viennent ces informations ? L'ancienne généalogie (Hương Yên phổ tự, p. 11–26) et le registre du clan ; voir la page Généalogie (chapitres I et II).

Chapitre VI

VI · La relèveLe clan aujourd'hui


Estampe colorée : un enfant assis sur le dos d'un buffle, un livre ouvert entre les mains.
« Le petit bouvier qui lit », estampe populaire de Đông Hồ.Source : Artisan de Đông Hồ, domaine public — Wikimedia Commons

Après les lettrés et les mandarins, le clan a continué de compter des femmes et des hommes qui se sont distingués. En voici quelques-uns.

★poète

Đinh Nho Diệm, dit Quỳnh Dao

Poète et résistant · 1918–1947

Né en janvier 1918 à Gôi Mỹ, le village du temple, fils aîné du lettré Đinh Nho Huề. En 1936 ⚠︎, avec son ami Liêu Kỳ Lộc, il publie un recueil, Tiếng chuông chiều (« La cloche du soir »). Il signe Quỳnh Dao, son nom de plume. En 1945, il organise une base de la résistance au nord de la rivière Phố, à Hương Sơn. Il est tué en 1947, à 29 ans, par les tirs d'un avion français. En 1999, les éditions Thanh Niên ont réuni ses écrits sous le titre Văn phẩm Quỳnh Dao.

Son frère cadet, Đinh Phạm Thái (1937–2023), devint professeur de métallurgie à l'École polytechnique de Hanoï, et poète lui aussi.

★historien

Đinh Xuân Lâm

Historien · 1925–2017

Né à Sơn Tân (Hương Sơn), descendant du rameau parti d'An Ấp, il fut professeur d'histoire et forma de nombreux étudiants. On le compte parmi les « quatre piliers » de l'histoire vietnamienne, et il reçut le titre d'« Enseignant du peuple ».

★savant

Đinh Xuân Vịnh

L'encyclopédiste · 1911–2015

Pendant plus d'un demi-siècle, il rédigea seul, à la main, une encyclopédie du Viêt Nam : 40 cahiers d'écolier et environ 40 000 entrées. L'œuvre fut primée par l'Association des arts populaires du Viêt Nam en 1994, sous le titre Văn hiến Việt Nam (« Le Patrimoine du Viêt Nam »), et proposée pour le prix Hồ Chí Minh. Une partie en a été publiée : le Sổ tay địa danh Việt Nam (1996).

★diplomate

Đinh Nho Liêm

Diplomate · 1924–2008

Issu d'une famille pauvre, il devint consul, puis ambassadeur, et enfin premier vice-ministre des Affaires étrangères.

★diplomate

Đinh Nho Hưng

Ambassadeur

Entré au ministère des Affaires étrangères en 1999, il a présenté le 1ᵉʳ juin 2023 ses lettres de créance au roi Harald V, devenant ambassadeur du Viêt Nam en Norvège.

Le savais-tu ? — L'enfant caché (clan Đinh Văn de Nghi Long)

Le clan Đinh Văn de Nghi Long, parent du nôtre, a connu deux condamnations terribles. En 1833, le docteur Đinh Văn Phác fut condamné et son nom effacé de la stèle des docteurs de Huế. En 1887, son petit-fils, le docteur Đinh Văn Chất, chef d'un soulèvement contre les Français (le mouvement Cần Vương, « soutenir le roi »), fut livré et exécuté le 28 novembre ; la peine la plus lourde, l'extermination des trois lignées (tru di tam tộc), frappa sa famille.

Un enfant de quatre à six ans selon les documents ⚠︎, Đinh Văn Chấp, fut caché par une villageoise. Il partit en exil au Fujian, revint en 1898, reprit ses études et fut reçu Hoàng giáp en 1913.

★moine

Thích Minh Châu (Đinh Văn Nam)

Moine et traducteur · 1918–2012

Fils de Đinh Văn Chấp, quatrième de ses onze enfants, il devint moine bouddhiste. Après des études à Ceylan et en Inde, il fut reçu docteur en études bouddhiques, puis dirigea l'université Vạn Hạnh, à Saïgon. Il traduisit en vietnamien les cinq Nikāya, une partie des textes anciens du bouddhisme.

★entreprise

Đinh Thị Hoa

Cheffe d'entreprise · née en 1961

Fille de Đinh Nho Liêm, diplômée d'un MBA de la Harvard Business School, elle a fondé à son retour au pays, en 1994, le groupe Galaxy, qui exploite notamment des salles de cinéma.

★savant

Đinh Nho Hào

Mathématicien · né en 1961

Professeur à l'Institut de mathématiques de l'Académie des sciences du Viêt Nam, il en préside le conseil scientifique. Il a été boursier de la fondation Humboldt, en Allemagne. Sa spécialité s'appelle les « problèmes inverses » : d'ordinaire, on va de la cause vers l'effet ; lui remonte de l'effet vers la cause. Par exemple, deviner la chaleur au cœur d'un four d'après la température de sa paroi.

★finance

Đinh Nho Tâm

Finance · né en 1986

Diplômé de mathématiques de l'université de Cambridge, puis d'un MBA de Stanford, il est directeur financier et de l'investissement du groupe Galaxy. Sa devise, empruntée à une marque de sport : « Just do it », lance-toi.

★échecs

Đinh Nho Kiệt

Joueur d'échecs · né en 2010

Peut-être un cousin de ton âge ! En 2023, aux championnats d'échecs des jeunes d'Asie du Sud-Est, il a remporté six médailles d'or.

Et d'autres encore

Đinh Nho Minh, petit-fils de Đinh Nho Liêm, a obtenu une bourse de l'université Tufts, aux États-Unis, et poursuit dans la recherche. Avec lui, toute une 18ᵉ génération écrit la suite de cette histoire.

Le savais-tu ? — Une fille du clan et le général Võ Nguyên Giáp

Au XIXᵉ siècle, Đinh Thị Hoan, sœur du docteur Đinh Nho Điển, épousa un lettré de la famille Đặng. Son petit-fils fut le professeur Đặng Thai Mai, ministre de l'Éducation en 1946. La fille aînée de Đặng Thai Mai, l'historienne Đặng Bích Hà (1928–2024), épousa en 1946 le général Võ Nguyên Giáp, le commandant de la bataille de Điện Biên Phủ.

Entre ces noms connus, il y a eu des médecins, des ingénieurs, des enseignants, des soldats, des paysans et des mères de famille. Plusieurs membres du clan sont morts pour le pays (liệt sĩ).

D'où viennent ces informations ? Le livre de Đinh Tú Anh (2023), qui recense les membres du clan des générations récentes et reproduit des articles de presse ; le registre du clan (édition de 2020, partie C) ; Wikipédia pour les personnalités publiques. Le rattachement au clan de Đinh Nho Hưng et de Đinh Thị Hoa est confirmé par la famille. Certains détails restent à vérifier : voir la page Généalogie.

Chapitre VII

VII · L'héritageCe que les ancêtres ont transmis


Estampe populaire : un enfant accroupi tient un crapaud à deux mains, sous deux caractères chinois.
« Nhân nghĩa » (humanité et justice), estampe de Đông Hồ.Source : Artisan de Đông Hồ, domaine public — Wikimedia Commons

En 1715, avant de partir pour l'ambassade dont il ne revint pas, Đinh Nho Hoàn fit graver une stèle pour ses descendants. Voici ce qu'elle dit, traduit simplement :

  1. Sois loyal et respectueux des tiens.trung hiếu
  2. Reste simple et généreux de cœur.phác hậu
  3. Sois honnête et économe, et heureux même sans richesse.thanh kiệm lạc bần
  4. Quand tu t'avances, sois un homme de devoir.tiến vi nghĩa sĩ
  5. Quand tu te retires, sois un honnête paysan.thoái vi lương nông
  6. Ne sois ni orgueilleux ni débauché.vật kiều dâm
  7. N'offense pas tes aînés ni tes supérieurs.vật phạm thượng
  8. Ne cherche pas les querelles ni les procès.vật tranh tụng
  9. Ne joue pas d'argent.vật đổ bác

La stèle se termine ainsi : « Ainsi seulement vous pourrez approcher mon ermitage » (phương khả cận tư am).

Ces neuf phrases tiennent en une idée : sois quelqu'un sur qui l'on peut compter. Voici, pour aujourd'hui, quelques façons de les vivre :

學

Apprends

Donne-toi à fond dans tes études et dans ce qui te passionne : ce que tu as appris, personne ne peut te le prendre.

孝

Honore les tiens

Écoute tes parents et tes grands-parents, prends soin d'eux, demande-leur leurs histoires. Demande-leur aussi de te montrer l'autel des ancêtres.

義

Agis avec droiture

Dis la vérité, tiens tes promesses, aide ceux qui sont plus faibles que toi.

根

Garde tes racines

Sache écrire ton nom, connais ta branche, et un jour, transmets ce livret, complété de ta propre histoire.

« Les descendants du clan Đinh Nho font le vœu de demeurer toute leur vie unis, de se conseiller et de s'entraider, et de suivre la vertu lumineuse des ancêtres, pour ne pas avoir honte devant les aïeux. » — Oraison lue lors des cérémonies du clan.

D'où viennent ces informations ? Le texte de la stèle est copié dans l'ancienne généalogie (Hương Yên phổ tự, témoin de Đinh Nho Dật, p. 37–38). La source écrite de l'oraison reste à préciser.

Chapitre VIII

VIII · La carteLieux de mémoire


Si tu viens un jour au pays natal, voici les lieux où la mémoire de la famille est gardée. Sur la carte du site, tu verras aussi Gia Viễn (Ninh Bình), d'où la famille est partie ; Cao Bằng, où Đinh Nho Hoàn fut gouverneur ; Thanh Chương et Nghi Xuân, où vivent deux branches ; et Nghi Lộc, où repose la Mère ancestrale.

Carte des lieux de mémoire · Dòng họ Đinh Nho CARTE DE LA FAMILLE · ĐINH NHO Le nord du Viêt Nam, de la frontière chinoise au Hà Tĩnh Chine Mer de Chine méridionale Laos Việt Nam ↓ le pays continue vers le Sud (Huế, Sài Gòn) Golfe du Tonkin Sông Hồng Sông Lam N S O E Le Viêt Nam entier Exode ~1527 CAO BẰNG Gouvernorat · Đinh Nho Hoàn VĂN MIẾU · HÀ NỘI Stèles de nos ancêtres GIA VIỄN · NINH BÌNH Berceau ancestral HƯƠNG SƠN · HÀ TĨNH ★ Berceau du clan ~1543 LE BERCEAU · Nghệ An – Hà Tĩnh Branche Đinh Nho Côn THANH CHƯƠNG Tombeau Tổ mẫu NGHI LỘC NGHI XUÂN Đinh Nho Thường ★ HƯƠNG SƠN Temple Gôi Vị · Từ đường Đại Tôn Đồng Vực, commune de Sơn Tiến Le clan dans le monde 散 · Essaimer sans oublier FR France · Paris Đinh Nho Tiêu · poète, 16ᵉ génération NO Oslo · Norvège Đinh Nho Hưng, Ambassadeur UK Cambridge · Angleterre Đinh Nho Tâm, Trinity College US Harvard · États-Unis Đinh Thị Hoa & Đinh Nho Minh LÉGENDE Lieu fondateur ★ Temple / Mausolée Site historique Branche de la famille Diaspora internationale Migration / exode Rivière « Kế thế đăng khoa » 繼世登科 Que de génération en génération, les nôtres soient reçus aux concours. — Devise du clan Đinh Nho 丁 NHO HƯƠNG SƠN ≈ 100 km ✦ ✦ ✦ Carte illustrée · Dòng họ Đinh Nho — Hương Sơn, Hà Tĩnh · ~1543 → aujourd'hui
祠

La maison-temple du clan (từ đường)

À Đồng Vực, commune de Sơn Tiến (autrefois Sơn Hòa), district de Hương Sơn (Hà Tĩnh). Les deux branches de Hương Sơn y rendent ensemble le culte aux ancêtres ; on s'y rassemble chaque année le 9ᵉ jour du 1ᵉʳ mois lunaire.

Từ đường · Đồng Vực
Từ đường · Đồng Vực📷 Photo à venir
神

Le temple de Gôi Vị (Gôi Mỹ)

À Sơn Tiến, Hương Sơn. On y honore les quatre génies protecteurs de la famille, dont Phan Thị Viên. Le temple a été préservé parce qu'il a servi un temps de siège au comité de la commune. On y conserve la pierre sonore de Đinh Nho Hoàn. Il a été classé vestige historique national en 2018.

Đền Gôi Vị
Đền Gôi Vị📷 Photo à venir
陵

L'ensemble funéraire d'Áng Phần

Le principal ensemble funéraire du clan : il réunit seize tombeaux d'ancêtres, dont celui du fondateur. D'autres ensembles existent : le mausolée de Kim Hoa, Trai Sơn, Lòi Chim Chim.

Áng Phần
Áng Phần📷 Photo à venir
母

Le tombeau de la Mère ancestrale

C'est celui de dame Hoàng Quý Thị, mère des frères qui partirent vers le sud, à Nghi Long (Nghi Lộc, Nghệ An). On raconte qu'une tempête recouvrit sa tombe d'un grand tertre : les habitants dirent qu'elle avait été « ensevelie par le Ciel ».

Mộ bà Hoàng Quý · Nghi Long
Mộ bà Hoàng Quý · Nghi Long📷 Photo à venir
碑

Le Temple de la Littérature, à Hanoï

Parmi les 82 stèles des docteurs du Văn Miếu, deux portent des noms du clan : celle du concours de 1670, avec Đinh Nho Công, et celle du concours de 1700, avec son fils Đinh Nho Hoàn. Les deux stèles ont été dressées le même jour, en 1717. Selon le plan du site, elles portent les numéros 45 et 55 et se trouvent dans le jardin ouest, sur la rangée extérieure. Si tu vas à Hanoï, cherche-les.

碑 Temple de la Littérature · Văn Miếu – Quốc Tử Giám · Hanoï
Plan des 82 stèles du Văn Miếu de Hanoï : deux jardins de quarante et une stèles autour du puits Thiên Quang ; dans le jardin ouest, rangée extérieure, la 18ᵉ place porte la stèle de Đinh Nho Công (1670) et la 10ᵉ celle de Đinh Nho Hoàn (1700)

1 Đinh Nho Công · Canh Tuất 1670 · stèle n° 45 · jardin ouest, rangée extérieure, 18ᵉ place depuis le Khuê Văn Các  —  2 Đinh Nho Hoàn · Canh Thìn 1700 · stèle n° 55 · même rangée, 10ᵉ place, contre le pavillon Bi Đình

散

Le clan dans le monde

Des membres du clan vivent aujourd'hui loin du pays : à Paris, où vécut Đinh Nho Tiêu, poète (16ᵉ génération) ; à Oslo, où Đinh Nho Hưng est ambassadeur ; à Cambridge, où Đinh Nho Tâm a étudié ; aux États-Unis, où ont étudié Đinh Thị Hoa et Đinh Nho Minh.

D'où viennent ces informations ? Le livre de Đinh Tú Anh (2023), la page Les quatre divinités tutélaires, et, pour le classement du temple, la décision du ministère de la Culture du 5 mars 2018. L'emplacement exact des stèles du Văn Miếu reste à vérifier sur la liste de l'Institut Hán Nôm.

Chapitre IX

IX · Les motsPetit lexique


Livre manuscrit ouvert, colonnes de caractères qui ressemblent au chinois sans en être.
Un registre de famille écrit en chữ Nôm, l'ancienne écriture du vietnamien.Source : Auteur inconnu, domaine public — Wikimedia Commons

Le vietnamien s'écrit avec notre alphabet, mais deux choses le distinguent. D'abord le Đ / đ barré : il se prononce comme le d de « dire », tandis que le d sans barre se dit z dans le Nord et y dans le Sud. Notre nom s'écrit donc Đinh, avec la barre. Ensuite les accents : ce sont des tons, six mélodies différentes. Change le ton, tu changes le mot.

La famille et le registre

họ
Le nom de famille, et le clan tout entier. Họ Đinh Nho, c'est nous.
gia phả
Le registre du clan, où sont inscrits les naissances, les mariages et les morts depuis le premier ancêtre.
đời
La génération. « Đời 17 », c'est la 17ᵉ génération depuis le fondateur.
chi
La branche. Une branche naît quand un fils fonde sa propre lignée.
từ đường
La maison-temple des ancêtres, où l'on garde les tablettes et où l'on se rassemble.
trưởng tộc
Le chef du clan.
giỗ
L'anniversaire de la mort d'un ancêtre, et le repas de famille de ce jour-là.
gia huấn
Le précepte familial, la règle qu'un ancêtre laisse par écrit à ses descendants. Celui de Đinh Nho Hoàn est au chapitre VII.
tên đệm
Le nom du milieu, entre le nom de famille et le prénom. Le nôtre est Nho.

L'étude et les concours

nho
Le lettré, et l'étude des livres classiques.
tiến sĩ
Docteur, le grade obtenu au concours du palais, le plus haut.
hoàng giáp
Le deuxième rang du doctorat.
cử nhân
Licencié, reçu au concours régional ; on disait hương cống avant les Nguyễn.
Văn Miếu
Le Temple de la Littérature, à Hanoï.
Quốc Tử Giám
Le Collège des fils de la nation, la première grande école du pays, à côté du Văn Miếu.
bia tiến sĩ
La stèle des docteurs, une dalle de pierre portée par une tortue, où sont gravés les noms des reçus.

Les vertus

hiếu
La piété filiale, ce qu'on doit à ses parents et à ses ancêtres.
trung
La loyauté, ce qu'on doit à plus grand que soi, au pays, à la parole donnée.
đức
La vertu, c'est-à-dire la droiture, pas le talent.

L'histoire et les honneurs

phúc thần
« génie bienfaisant », un ancêtre que la cour autorise à honorer comme protecteur.
tru di tam tộc
L'extermination des trois lignées, la peine la plus lourde de l'ancien Viêt Nam. Le clan parent de Nghi Long l'a subie en 1887.
Cần Vương
« soutenir le roi », le mouvement de résistance à la conquête française, à la fin du XIXᵉ siècle.
liệt sĩ
Mort pour la patrie. Plusieurs familles du clan en comptent.
bút danh
Le nom de plume. Celui de Đinh Nho Diệm était Quỳnh Dao.

Sur la carte

làng
Le village.
xã
La commune, qui réunit plusieurs villages. Au Viêt Nam, les communes changent parfois de nom : An Ấp a fait partie de la commune de Sơn Hòa, puis d'An Hòa Thịnh, et aujourd'hui de Sơn Tiến.
huyện
Le district. Hương Sơn est un huyện.

Si tu ne retiens que trois mots, retiens gia phả, giỗ et hiếu : le livre, le jour, et ce qui les relie.

丁

Tu connais maintenant l'histoire de ton clan.

Tu n'as pas à égaler tes ancêtres : seulement à te souvenir d'eux et à faire de ton mieux, à ta façon.

« Étudie avec assiduité ; sois droit et bon ; n'oublie pas tes racines. »

Livret de famille · Họ Đinh Nho · Hương Sơn (Hà Tĩnh)