Signés Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu, ces textes furent écrits entre Paris, le Laos et le Việt Nam, de 1986 à son premier retour au pays après plus d'un demi-siècle d'absence. Ils sont présentés ici dans une traduction française, accompagnée de leur titre d'origine.
I
Perdre une patrieLạc mất một quê hương
Paris · 1998
Le cri d'un homme devenu, sans jamais être parti, un éternel exilé.
Pas une seule fois je ne suis parti,
pourquoi mon cœur me dit-il que partir, c'est l'adieu ?
Pas une seule fois je n'ai dit la séparation,
pourquoi me promettre un jour de revenir ?
Pas une seule fois je ne suis revenu au pays,
au cœur d'une patrie en plein tourment.
Pas une seule fois je ne suis revenu à Huế,
m'asseoir sous la pagode Thiên Mụ et pleurer ses ruines…
Non ! Je ne vois que les feuilles jaunes tombant sur la terre étrangère,
les yeux de ma vieille mère, voilés, gonflés de larmes et d'attente.
Non ! Je ne vois que mon âme noyée de chagrin à chaque retour du printemps,
et pleure en silence auprès des fleurs jaunes.
Non ! Je ne vois, sur les tombes de l'exil,
que tant de rêves fanés de retour vers la patrie.
Je ne suis pas parti !!! Pourquoi suis-je soudain devenu un homme d'ailleurs ?
Je ne suis pas rentré !!! Pourquoi me semble-t-il avoir perdu une patrie ?
Ô patrie !!! Je laisse couler mes larmes, je pleure en secret
sur une vie entière à dériver dans l'errance.
La peau ridée, les yeux troubles, les cheveux qui blanchissent déjà,
j'aspire à rentrer, à mourir au sein de ma patrie.
J'attends… depuis tant d'années j'attends —
une demi-vie, ou bien l'existence tout entière à errer sans fin !!!!
Đinh Nho Tiêu — Paris, 1998
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II
Regret du printempsHoài Xuân
Paris · 1986
Le premier des poèmes de l'exil, où les saisons étrangères ravivent le souvenir du pays.
Combien de printemps une vie d'homme compte-t-elle ?
Le parfum du printemps n'a pas fini, déjà l'amour du printemps se fane.
La pluie de printemps glisse, légère, sur la forêt,
le vent de printemps vagabonde à la suite des papillons.
Le printemps revient en ces lieux,
mais le jardin a déjà changé tant de fois ses feuilles et ses branches.
Le rêve du printemps tremble, à peine entrevu,
la fleur du printemps a pâli, la branche reste inachevée.
La belle dame Printemps, en terre d'exil, est désemparée :
elle regrette le printemps, et les vieux rêves cruellement passent au fil des ans……
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu — Paris, 1986
Au jardin d'automne, une goutte de soleil jauni,
la brume d'automne flétrit, désempare l'herbe et les arbres.
Le vent d'automne, glacial, transperce l'épaule maigre,
la pluie d'automne s'égrène, les oiseaux volent au bout du ciel.
La lune d'automne, silencieuse, émeut le cœur,
les nuages d'automne dérivent, appelant l'homme du vent et de la pluie.
Les feuilles d'automne, par couches, se balancent,
le soleil d'automne s'amoncelle, les nuages clairsemés d'un gris triste.
L'amour d'automne s'étire sans fin dans l'âme,
au déclin de l'automne, je ne vois que les feuilles qui tombent encore.
La forêt d'automne suit l'ombre des oiseaux du ciel ;
au regret de l'automne, soudain me revient le souvenir de quelqu'un, à la fin de l'automne…
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu — Paris, fin d'automne, 29.10.1992
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III
À la fin d'un hiver, la neige tombe encoreCuối một muà đông, Tuyết vẫn bay
Paris · fin de l'hiver, mars 1993
Jusqu'aux larmes des oiseaux égarés qui pleurent leur terre.
À la fin d'un hiver, la neige tombe encore,
les rangées d'arbres dénudées sous les pins efflanqués.
Le vent revient, mordant, dans une éternelle nostalgie,
les confidences de tant de jours exhalent une amertume.
Immense, la neige blanche recouvre la colline embrumée,
indistincte, elle voltige et tombe au bord du chemin.
Chaque pas que je fais résonne comme une brisure,
la surface du lac, prise par le gel, est dure comme un miroir.
Quelques oiseaux de mer, égarés, sont là,
ailes déployées, vacillant à contre-vent,
cherchant leur reflet pour retrouver la mer salée,
qui resplendit, imprimant son image dans tout le ciel.
Pensif, je m'arrête et tends l'oreille :
c'est le cri des oiseaux qui ont perdu le chemin du retour.
Il me semble entendre, doucement, tomber sur la neige
les larmes des bêtes elles-mêmes, qui pleurent leur pays.
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu — Paris, 1993
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IV
Celui qui s'en est allé vers on ne sait quel horizonNgười đi biền biệt phương nao
Printemps Quý Dậu · Paris · 1993
Et le vœu de ne jamais trahir la patrie.
Celui qui s'en est allé, vers on ne sait quel horizon —
ô ma mie ! au lieu d'autrefois, la lune et les étoiles ont jauni.
La pluie tombe, larmes de la bien-aimée,
ou bien c'est le flot de pleurs, éperdu, sur l'oreiller.
Tard dans la nuit, je m'éveille, l'âme troublée,
tendresse, tendresse, souvenir, souvenir — rien n'arrête ce chagrin.
Hélas ! les vieux rêves, le premier amour,
je remonte le fil du passé aux cheveux décolorés.
Nous nous retrouvons, scellant nos vœux dans le rêve —
allons, ma mie ! ce peu d'amour léger s'est déjà fané.
Ou bien ce sont les larmes de la belle,
qui pleurait jadis à perdre haleine sur l'amour à jamais.
Loin de l'embarcadère solitaire,
éperdu, j'entrevois cent et cent souvenirs et regrets.
Je pars assembler des rêves dans la longue nuit,
tu rentres replier ta tendresse fanée et maigrie.
Le temps, fruit amer du col de nuages,
nous nous échangeons une nostalgie sans répit, tempête au cœur.
Quand le vent soufflera dans l'immensité,
l'amour qu'on croyait mort flottera, à la dérive.
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu — Paris, 1993
Je ne rêve d'aucun paradis,
je n'implore aucun nirvâna paisible.
Je demande seulement, ma vie entière, d'être un homme —
et de ne jamais manquer au serment fait jadis à la patrie.
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu — Printemps Quý Dậu, 1993
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V
Un soir de Réveillon en terre étrangèreMột tối Giao Thừa trên xứ lạ
Paris · 1990
Le Tết loin de chez soi, et la mère qui, chaque année, allume encore le feu.
Un soir de Réveillon en terre étrangère,
une demi-vie roulée de par les pays lointains.
Là-dehors, la brume et la neige tombent, indifférentes,
ici, dans le froid glacial, j'accueille le printemps.
Je goûte la coupe de vin du printemps, la saveur en est fade,
le bois dans l'âtre exhale un parfum d'autrefois.
Mère ! tu brûles les feuilles de dix hivers anciens
pour réchauffer l'âme de ton fils en terre lointaine.
Je crois mon âme ivre dans un long rêve :
pas à pas je reviens, à temps pour accueillir le printemps.
Dans le grand jardin, auprès de la marmite de gâteaux,
Mère, chaque année, attise le feu rougeoyant.
La fumée des pétards de quelque maison, le vent l'apporte,
gongs et tambours retentissent, annonçant le passage de l'an.
Mère croit que son fils n'arrivera pas à temps,
elle allume un bâton d'encens parfumé dans la vieille maison.
Elle écoute son fils conter l'histoire de l'homme errant,
moi j'écoute Mère, chaque nuit, guetter son fils.
La fumée d'encens monte, dense, brouillant les visages,
dans la maison déserte, les larmes ruissellent.
Un instant, le parfum d'autrefois — hélas — s'éteint !!!
Tout un ciel d'espoir, lui aussi, se dissipe.
Parfum ancien, vieux rêves, illusion vaine…
les larmes de la vieille mère se répandent avec la fumée…
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu
Et son pendant — « Un matin de printemps, en terre froide » :
Un matin de printemps, en terre froide,
le ciel et la terre n'ont pas encore ouvert une seule fleur fraîche.
La brume voile, la neige couvre branches et feuilles,
la lumière des lampes éclaire le chemin, à la place du soleil de soie.
Ma mie ! je rêve d'un chemin —
un chemin de campagne sous le soleil rose du matin,
les bambous verts ploient leur cime, prêts à t'accueillir,
pétards rouges et chrysanthèmes jaunes sous tes pas.
La maison commune du village bruit de la fête du Tết,
l'encens du santal embaume tout l'espace.
Quelques anciens, sur le lit d'apparat,
thé et vin de l'an neuf, contemplent l'abricotier et le pêcher en fleurs.
Quelques jeunes villageoises, timides,
font éclore leur jeunesse devant le village.
Joyeuse, la troupe d'enfants, pétards à la main,
et grands-parents qui gazouillent — où sont-ils donc ?
Ma mie ! notre maison est au bout du village de « Gôi »,
sous la rangée de bambous verts, près du bosquet de bambous nains,
derrière la treille de fleurs du soir, la haie d'hibiscus,
une petite maison, une claie de courges clairsemée.
L'embarcadère de Lệ Thủy m'a vu partir.
Quarante-huit ans déjà — qu'avais-je rêvé jadis ?
Endormi sur l'épaule de ma mère, je ne savais rien
de la terre étrangère ni de l'histoire de la séparation.
Allume, ma mie, la guirlande de pétards du Tết,
pour accueillir l'homme d'exil qui revient au pays.
L'enfant qui partit autrefois sur l'embarcadère
revient aujourd'hui comme au milieu d'un songe………
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu — Paris, 1990
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VI
À la fin d'un printempsCuối một muà xuân
Souvenir du retour à Savannakhet · 1994
Sous la fleur jaune du Mai, la patrie blottie au creux du cœur.
Sous le vieux abricotier jaune, l'empreinte d'un pas,
vingt années passées, que de poussière et de vent.
La fleur jaune à cinq pétales déploie parfum et couleur,
éclose au bord du chemin, à la fin du printemps.
Tant de printemps déjà sans retour ;
au retour, le vent souffle, traînant et long.
J'erre, pas à pas, dans le jardin désert,
laissant mon âme poursuivre le rêve au bout de la passion.
La passion m'entraîne jusqu'au pays du vagabondage,
chercher la fleur jaune devant le vent d'hiver,
attendre la couleur du soleil neuf sur mille feuillages —
par-delà mille obstacles, te souviens-tu encore de moi ?!!!
Le ciel de l'enfance, un instant, semble tout proche,
les ailes des papillons de quelque maison s'entraînent à voler.
Jadis le Mai fleurissait au profond des forêts —
je m'en suis éloigné, pourquoi la fleur pousse-t-elle en ce lieu ?
Chaque maison, un vieil arbre en fleur.
À bien y songer, c'est tout le pays qui est dans mon cœur,
précieusement gardé pour réchauffer l'âme de l'exilé —
un instant de mélancolie, ô combien poignante !!!! …
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu — Savannakhet, 1994
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VII
Tous deux, ensemble, rentrerHai ta cùng về
Savannakhet, Laos · parti en 1976, revenu en 1994
Vingt ans plus tard, sur le quai d'autrefois, retrouver sa vieille mère.
Après vingt années,
les tempêtes apaisées,
le soleil dessèche encore l'homme,
la pluie tombe comme une cascade.
Il y a un voyageur étranger
sur l'ancien embarcadère du fleuve.
L'eau monte et descend toujours,
les fleurs et les feuilles se balancent.
Je retrouve ma vieille mère,
l'âge a courbé sa vie ;
alors seulement je comprends
qu'à force d'attendre, elle s'est épuisée.
La flaque d'eau au bord du chemin
semble garder encore
un pan de ciel bleu
du temps de l'enfance.
La ville, morne de tristesse,
murmure et se lamente,
j'écris un poème de chagrin
pour l'amour manqué.
L'espace au loin, désert,
le temps, traînant et long —
quand donc, ma mie,
rentrerons-nous, tous deux ensemble ?
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu — Savannakhet, 1994
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VIII
Un printemps au pays natalMùa xuân trên Quê Hương
Premier printemps au pays · après 56 ans d'absence
Enfin de retour, parmi les lieux aimés du Việt Nam, après cinquante-six ans.
La coupe de vin du premier jour de l'an réchauffe tout le cœur :
au pont Tràng Tiền, au pont Thê Húc, le soleil s'étend, immense.
À Hoàng Mai, à Thiên Mụ, l'or éclate devant les portails,
à Bích Đào, au Temple de la Littérature, le rouge dans la cour.
Mã Yên, Bích Động — couleurs des monts et des eaux,
le lac de l'Ouest, le lac de l'Épée rendue — éclat d'un miroir limpide.
Une vie d'errance — la joie n'est pas encore tarie
qu'un souffle de séparation, déjà, ravive la nostalgie !!!! .
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu
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IX
Le printemps revientMùa Xuân lại về
Récit · le retour vers la terre des ancêtres
Un récit. Après plus de cinquante ans d'errance, Hoàng franchit enfin le Mékong pour rejoindre la terre de ses pères, entre rêve et réalité, un matin de Réveillon.
Au matin du premier jour du Tết, dans la province de Savannakhet, Hoàng venait de franchir le seuil de sa maison — la vieille demeure du hameau de la pagode Bảo Quang — pour faire ses premiers pas dans l'année nouvelle, une année qu'il avait attendue près de vingt ans, comme une page de sa vie qui se tournait enfin. Depuis le jour du départ, cette petite ville, cet embarcadère, il les avait laissés derrière lui en silence, comme on fuit au cœur d'un bouleversement — et plus tard, songeant parfois à tout cela, il se demandait si ce n'avait été qu'un soubresaut de l'Histoire, car dans le cours de l'Histoire de tout un peuple, que de bouleversements et de changements.
Aujourd'hui qu'il revenait, les tempêtes étaient passées ; les oiseaux dispersés de la volée retrouvaient leur ancien nid, et par bonheur, à travers toutes ces dérives, il avait gardé intact un cœur fidèle, sans rougir de honte à son retour. Ici, Savannakhet, ville d'une enfance révolue, d'un temps d'errance écoulé sur la terre du Laos. Aujourd'hui, cet endroit était aussi la première étape du chemin qu'il empruntait pour retrouver la Terre des Aïeux, retrouver le sol de la Patrie que, durant plus de cinquante ans d'errance en pays étranger, il revenait enfin, vraiment, retrouver.
Il n'y a que deux jours, sur un bac qui reliait les deux rives du Mékong, entre le Laos et la Thaïlande, par un matin de grand vent, dans le halètement du moteur du bateau, se mêlaient des rires et des paroles que l'on aurait d'abord crus laotiens ou thaïlandais. Jadis, dans ce négoce, on ne voyait absolument jamais l'ombre d'un Vietnamien, car la loi l'interdisait ; et voici qu'aujourd'hui, à peine le bac quitté le quai, les rires et les paroles fusaient déjà, sonores, en langue vietnamienne.
Les grandes branches de Mai sauvage, aux fleurs d'un jaune éclatant, se dressaient au pied des marches menant au sanctuaire, avec une force d'attraction merveilleuse. Ô ! ces branches de Mai d'une enfance lointaine, absentes depuis tant d'années — à chaque retour du printemps et du Tết, devant cette pagode Bảo Quang, ces branches de Mai ont-elles jamais manqué ? Il restait là, interdit, devant ces fleurs jaunes — car les plantes, comme les hommes, lorsqu'on les transplante en terre étrangère…
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu
X
Ces haies de bambous vertsNhững lũy tre xanh
Hà Nội · début du printemps 2000 — écrit fin mars 2003
Émotion devant le Mausolée, sur la place Ba Đình, à l'aube du millénaire : les dalles de pierre, les cortèges d'hommes, et les millions d'âmes d'un peuple.
Au début du printemps de l'an 2000, à l'orée du millénaire,
Sous le soleil de Ba Đình, dans l'immensité du ciel et de la terre,
Ces haies de bambous verts, comme enveloppant tout un pan du Pays natal,
Ces dalles de pierre, venues de tous les chemins de la patrie,
Se sont rassemblées ici, pour bâtir le rempart, élever la muraille
— Lieu où repose une silhouette du siècle.
Voici les bâtons d'encens parfumés que l'on allume,
Voici les cortèges d'hommes, de toutes les régions du pays,
Et même les enfants, errants aux quatre coins du monde,
Qui s'alignent en silence pour entrer se recueillir,
Comme des armées défilant sans bruit,
Des pas de l'Histoire d'autrefois.
Ô !!! Des millions et des millions de cœurs serrés d'émotion —
Je ne suis pas seul à verser des larmes sur ces dalles de granit.
Celui qui repose là, paisible comme depuis mille ans déjà,
Vacillant et voilé — comme l'Histoire — d'un lointain qui resurgit.
Tout soudain s'estompe ; ici et là, par rangs et par vagues, ces hommes
Qui se sont couchés pour édifier une gloire,
Qui ont suivi un bras, sur le chemin de défendre et de bâtir la patrie,
Sont revenus ici, revenus ici, à la tendre affection de la terre Mère.
Ici ne repose pas seulement Lui,
Mais aussi des millions et des millions d'âmes des Héros au service de la nation,
Qui un temps se couchèrent pour que le pays demeure dans la gloire…
… je suis le dernier à devoir quitter ce lieu — Adieu pour mille automnes —
Il me semble voir des millions d'âmes retenir mes pas,
Vivants d'ici-bas, défunts des Neuf Sources, tempête et pluie de larmes !!!
Adieu à Toi pour mille automnes, qui as fait une histoire glorieuse,
Pour qu'un peuple tout entier entre, fier, dans le millénaire.
Au début du printemps de l'an 2000, sous le soleil de Ba Đình,
Dans l'immensité du ciel et de la terre, je sens mon cœur s'élargir avec le pays natal…
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu · 3 heures du matin, fin mars 2003
XI
La jeune fille de Bến ThủyNgười con gái bến Thủy
Ville de Vinh · Tết de l'an 2000
Une rencontre fugitive à l'embarcadère de Bến Thủy, autour de la douce voix du pays de Nghệ Tĩnh — à la jeune marchande de bonbons Cu-Đơ.
Notre histoire, toute en émoi,
Comme mille bourgeons de fleurs de Pêcher
D'un printemps tardif.
Le rythme du fleuve et du lac entraîne ;
Dans la tourmente, me voici de retour.
L'auberge du quai, tantôt vide et tantôt pleine —
Saisis d'émoi dans la rencontre.
Tu dis que c'est le destin :
À Bến Thủy je t'ai rencontrée,
Partageant la voix paisible
Du pays de Nghệ Tĩnh.
Ô ! l'histoire de la ville de Vinh —
Depuis mille vies je ne l'attendais pas,
Mais ton amour est infini
En ce matin de printemps rose.
Je voudrais que tu prennes un époux
Pour que mon cœur en garde le souvenir ;
Notre histoire, je la rends à l'éternité,
Au pays natal je te confie,
Ô jeune fille de Bến Thủy.
Notre histoire, toute en émoi,
Comme mille bourgeons de fleurs de Pêcher
D'un printemps tardif……
Hồng Lĩnh — Đinh Nho Tiêu · « À la jeune fille de Bến Thủy, marchande de bonbons Cu-Đơ »