Divinités tutélaires · la belle-fille

Phan Thị Viên

? – 1717. Lettrée et poétesse, épouse seconde de Đinh Nho Hoàn. À la mort de son mari sur la route de Chine, elle se donne la mort pour le suivre. La cour des Lê la proclame Tiết phụ — la dame de la fidélité — et fait bâtir pour elle le temple où les quatre divinités sont vénérées. Six des trente et une communications du colloque lui sont consacrées.

Une dette qui devient un mariage

Elle est du village de Do Lễ, district de Hưng Nguyên, province de Nghệ An. Son père, un gardien de registres nommé Phan, avait été emprisonné, puis reconnu innocent et libéré par Đinh Nho Công, alors censeur en tournée d'inspection. Il mourut peu après, tenant la main de sa fille de cinq ans et déplorant de n'avoir pu s'acquitter de cette dette.

Sa mère la mena à Thăng Long, où elles tinrent boutique près de la porte Sud. La jeune fille avait quinze ans, et les partis ne manquaient pas. Un jour, Đinh Nho Hoàn, devenu mandarin, s'arrêta dans l'échoppe : la mère reconnut en lui le fils de celui qui avait sauvé son mari, et lui offrit sa fille.

Elle entre dans la maison à seize ans, comme épouse seconde. Les sources s'accordent sur ses qualités : belle écriture, science des lettres, talent poétique — non seulement une épouse, écrit le musée de Hà Tĩnh, mais « une compagne de littérature » pour son mari.

Les adieux de Lã Côi

L'année Ất Mùi (1715), quand son mari part en ambassade, elle l'accompagne jusqu'à Lã Côi — aujourd'hui dans le district de Gia Lâm, à Hanoï. Le musée de Hà Tĩnh rapporte ses paroles : elle lui dit tenir pour beau qu'un homme, à défaut de commander les armées, apaise les affaires du royaume par sa parole, et le prie de garder un cœur droit à l'exemple des bons ambassadeurs d'autrefois — « et de ne pas se soucier de sa femme ».

Elle composa dix poèmes d'adieu ; trois seulement nous sont parvenus. Dans le deuxième, elle écarte l'image facile de la rencontre merveilleuse pour lui opposer la difficulté vraie, celle de l'ambassadeur qui réussit :

« Rencontrer une fille du ciel, voilà qui est aisé ;
égaler Tô Vũ ou Phó Bật en ambassade, voilà qui est difficile.
Que mon seigneur ne s'arrête pas à moi, qui suis jeune épouse :
qu'il rapporte plutôt les deux caractères de la loyauté. »

Avant de se quitter, il lui laissa la tunique qu'il portait.

La fidélité, et le titre

Quand le cercueil fut ramené au pays et les funérailles achevées, elle se pendit pour suivre son mari. Elle laissa une oraison funèbre, un poème d'adieu à sa mère et un poème à la première épouse, dame Lê. De son chant de deuil, le musée de Hà Tĩnh cite ces vers, d'une fermeté sans plainte :

« Mourir pour l'affaire du royaume
comble le vœu d'un homme.
Mourir ou vivre, c'est tout un —
à quoi bon se lamenter ?
Les morts ne reviennent pas :
à quoi servent les larmes ? »

L'affaire fut portée à la cour. Le Khâm định Việt sử thông giám cương mục l'enregistre à l'année Đinh Dậu, treizième de l'ère Vĩnh Thịnh (1717) : le roi fit l'éloge de sa fidélité, lui attribua vingt mẫu de rizières de culte, lui conféra le titre d'á thận phu nhân, ordonna d'élever un temple et lui donna un tableau d'honneur en lettres d'or portant les deux caractères « Tiết phụ ».

Sur son âge à sa mort, les sources divergent : environ vingt et un ans selon le musée de Hà Tĩnh, dix-neuf selon Đinh Tú Anh (2023).

Elle est vénérée au đền Gôi Vị, que la cour fit bâtir pour elle et qui porte encore son nom populaire — đền Bà Tiết. Le tableau aux trois caractères « Tiết Phụ Môn » est conservé à la maison-temple du clan, à Gôi Mỹ. Sa vie a nourri la littérature : le site rappelle que la poétesse Đoàn Thị Điểm s'en est inspirée pour l'« An Ấp liệt nữ », et une communication du colloque suit ce passage « du modèle au personnage ».