Dans une seule et même maison, quatre personnes ont été élevées par les rois au rang de phúc thần — esprit bénéfique, protecteur vénéré au temple. Un père, ses deux fils, et l'épouse de l'aîné des deux. On les honore au đền Gôi Vị, à Sơn Hòa (Hương Sơn, Hà Tĩnh).
Cette page et ses quatre sous-pages sont établies d'après les documents de la bibliothèque du site, et d'abord d'après les actes du colloque scientifique « Hoàng giáp Đinh Nho Hoàn — Thân thế và sự nghiệp », dans leur version vietnamienne : trente et une communications, dont six portent sur Phan Thị Viên et une sur le đền Gôi Vị lui-même.
Ⅰ
Ce qu'est un phúc thần
Un phúc thần (福神) est un ancêtre canonisé : un mort dont la cour reconnaît officiellement les mérites et qu'elle autorise à être vénéré comme esprit protecteur. La reconnaissance est un acte de l'État — un décret, un titre, souvent des terres de culte et un temple — et non une dévotion privée.
Elle se distingue du thành hoàng, génie tutélaire d'un village, attaché à un lieu plutôt qu'à une lignée. Les quatre honorés ici sont des phúc thần de la lignée Đinh Nho.
Le glossaire de la page Généalogie du site donne la même définition : « phúc thần = divinité tutélaire (ancêtre canonisé) ».
Ⅱ
Les quatre
Une communication du colloque le dit d'une phrase : « la famille du seigneur Đinh Nho Công compte trois père et fils — Đinh Nho Công, Đinh Nho Hoàn, Đinh Nho Côn — et une belle-fille, Phan Thị Viên, épouse de Đinh Nho Hoàn, que la cour a honorés du titre de danh thần et de phúc thần. »
Đinh Nho Côn — le sixième fils, fondateur du rameau de Thanh Liên.
L'éloge du licencié Đinh Nho Quang (14ᵉ génération), que le site cite de longue date, tient en une ligne : « En haut, ils protègent la patrie ; en bas, ils abritent le peuple. Une seule maison, quatre divinités tutélaires : quelle gloire ! »
Ⅲ
Le đền Gôi Vị
Le temple se dresse à l'ancien village de Gôi Vị, canton de Yên Ấp — aujourd'hui hameau 5 de la commune de Sơn Hòa, district de Hương Sơn, province de Hà Tĩnh. Il porte plusieurs noms : đền Gôi, đền Gôi Mỹ, et đền Bà Tiết, du nom de celle pour qui il fut élevé.
Il fut fondé pour Phan Thị Viên : la cour des Lê ordonna au village de lui bâtir un temple et lui attribua vingt mẫu de rizières de culte. Selon l'usage du temps, parce qu'elle était épouse seconde, on y adjoignit son beau-père Đinh Nho Công et son époux Đinh Nho Hoàn. Le temple vénère aussi l'ancêtre lointain Đinh Điền.
La communication du musée provincial de Hà Tĩnh en décrit l'état : plus de 1 000 m² clos, un ensemble complet — portail, mur d'enceinte, tắc môn, ailes latérales, hạ điện et thượng điện — d'un style Lê nettement marqué, avec des bois sculptés que l'auteur juge parmi les plus fins de la région. Le temple conserve deux éléphants de pierre, un khánh de pierre et trois stèles liées à la vie de Đinh Nho Hoàn.
Le tableau d'honneur en lettres d'or, qui portait les trois caractères « Tiết Phụ Môn », est aujourd'hui conservé à la maison-temple du clan Đinh Nho, au village de Gôi Mỹ.
Le temple a servi bien au-delà du culte : les militants y ont préparé la prise du pouvoir d'août 1945, et il a longtemps abrité le comité populaire de la commune de Sơn Hòa. Il est classé monument historique et culturel provincial. La même communication signalait, à la date où elle fut écrite, un bâtiment sérieusement dégradé faute d'entretien.
Ⅳ
Ce que les sources ne tranchent pas
Le colloque ne cache pas ses désaccords, et une communication entière — celle de Đinh Nho Quỳ — est consacrée aux questions restées ouvertes sur la mort de Đinh Nho Hoàn. Les pages qui suivent les signalent là où elles se posent plutôt que de choisir en silence.
La date de mort de Đinh Nho Hoàn : les 27 ou 28 du douzième mois lunaire de l'année Ất Mùi. Cette année est 1715, mais ce douzième mois tombe en janvier 1716 — d'où les deux millésimes qu'on lit selon les sources, sans qu'aucune ait tort.
Le lieu de cette mort : avant ou après Yên Kinh (Pékin) ? Les annales disent seulement « mort en chemin », sans dire dans quel sens du voyage.
L'âge de Phan Thị Viên à sa mort : environ 21 ans selon la communication du musée de Hà Tĩnh, 19 ans selon Đinh Tú Anh (2023).
Le poste provincial de Đinh Nho Công : Tham chính de Sơn Tây selon le Đại Việt sử ký bản kỷ tục biên cité au colloque, de Sơn Nam selon une autre communication.